Les
essais d’explication du désir, de la volonté, du besoin, de la passion, bref de
toutes les tendances humaines qui mènent à l’action, sont au cœur des plus
grands systèmes philosophiques de l’histoire ; selon Épicure (341-270 av.
J.-C.), par exemple, « à propos de chaque désir, il faut se poser cette
question : “Quel avantage résultera-t-il si je ne le satisfais pas ?” ».
-
LE CONTEXTE de l’intéressement
de la motivation au plan idéologique
Ce
contexte s’accompagne au plan des idéologies de la chute des grands systèmes
explicatifs « donneurs de sens » qui ont dominé la pensée du XXe siècle.
Première
partie CONVERGENCES THÉORIQUES
LA
THÉORIE SOCIALE COGNITIVE : UNE PERSPECTIVE AGENTIQUE
Par Albert
Bandura. Adaptation par S. Brewer et P. Carré de l’article : « Social
cognitive theory : An agentic perspective », Annual
Review of Psychology, 2001, 52, 1-26.1
1 LES CHANGEMENTS DE PARADIGME DANS LES THÉORIES
PSYCHOLOGIQUES
C’est
quoi être un agent ?
- Être un « agent » signifie faire en sorte que les
choses arrivent par son action propre et de manière intentionnelle.
L’agentivité englobe les capacités, les systèmes de croyance, les compétences
autorégulatrices ainsi que les structures et les fonctions distribuées au
travers desquelles s’exerce l’influence personnelle; elle n’est pas une entité
discrète localisable.
LES
CHANGEMENTS DE PARADIGME DANS LES THÉORIES PSYCHOLOGIQUES
Une majeure partie des premières
théories psychologiques fut fondée sur des principes comportementalistes
souscrivant à un modèle « entrée-sortie » (input- output) où le comportement
est certes rendu possible par un conduit intérieur qui relie ces deux pôles,
sans toutefois qu’il exerce une influence
propre sur l’action. Selon cette vision, le comportement humain est formé et
contrôlé par les stimuli environnementaux de manière automatique et mécanique.
- Le règne de la métaphore informatique sur la
conception du fonctionnement humain
Pendant des décennies, la métaphore informatique du
fonctionnement humain qui régnait a véhiculé l’image d’un système informatique
linéaire dans lequel l’information est digérée par un processeur central qui
fabrique les solutions selon des règles prédéterminées.
- des modèles computationnels
Le modèle linéaire a, à son tour, été remplacé par des modèles
computationnels organisés de manière plus dynamique qui réalisent de multiples
tâches simultanées et interactives pour tenter de mieux reproduire le
fonctionnement du cerveau humain
- Dans son analyse du computationnisme, Harre (1983)
fait remarquer que ce ne sont pas les individus mais leurs composants
subpersonnels qui orchestrent leurs conduites.
- Dans son livre clairvoyant sur la cognition vécue
(experienced cognition), Carlson (1997) souligne le rôle central joué par la
conscience dans la régulation cognitive de l’action et le déroulement des
événements mentaux
- Il y a eu un certain nombre de tentatives visant à
réduire la conscience soit à une sorte d’épiphénomène résiduel d’activités
effectuées au niveau subpersonnel, soit à un sous-système exécutif intégré à la
« machine » de traitement de l’information, soit encore à un aspect
attentionnel du traitement de l’information. Comme le fameux éléphant
imperceptible malgré sa taille, dans ces explications d’ordre subpersonnel de
la conscience, l’individu qui conçoit des fins et agit intentionnellement pour
les réaliser, est invisible. En outre, ces explications réductrices demeurent
conceptuellement problématiques parce qu’elles écartent les caractéristiques
essentielles de l’homme que sont la subjectivité, la délibération autodirigée
et la réflexivité autoréactive.
- L’être humain n’est pas seulement un spectateur,
c’est un agent
L’être humain n’est pas simplement l’hôte et spectateur de
mécanismes internes orchestrés par des événements du monde extérieur. Il est
l’agent plutôt que le simple exécutant de l’expérience.
Les systèmes sensoriels, moteurs et cérébraux constituent les
outils auxquels les personnes ont recours pour réaliser les tâches et atteindre
les buts qui donnent sens, direction et satisfaction à leur vie (Bandura, 1997
; Harre et Gillet, 1994).
La psychologie de la motivation -1-
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